samedi 14 mars 2015

Kinshasa (5)

Bonne nouvelle: les visas sont arrivés! Le Grand Départ n'a jamais été aussi proche! Il nous faudra cependant attendre mercredi prochain (au moins) pour décoller car il est maintenant prévu que nous prenions deux véhicules dont l'un est en révision. 

Nous profitons de notre dernier weekend en ville avec notamment la visite de l'Académie des beaux-arts que nous a recommandé un membre du WWF. Ici sont enseignées plusieurs techniques dont la céramique, la sculpture et la peinture. Certaines œuvres d’étudiants, diplômés et professeurs sont exposées au public, dont voici ci-dessous un petit échantillon. Malheureusement les peintures à l'intérieur de l'institut, hautement riches en couleur et de styles très variés, ne peuvent être photographiées. 




Une classe d'écoliers traverse les jardins de l'Académie des Beaux-Arts
et s'amusent de la présence de "mundele" (hommes blancs)
Nous continuons également nos petites excursions à l'aveuglette qui nous permettent de découvrir de nouveaux recoins de la ville. 

Les Kinois sont majoritairement des chrétiens très pratiquants et nous croisons fréquemment des églises en nous promenant. Souvent réduites à de simples bâtisses, seules les indications peintes sur les façades permettent d'identifier ces lieux de cultes.



Quelques "scènes de rue" capturées durant nos trajets en voiture avec le WWF:

Je continue parallèlement à découvrir de nouvelles espèces (à identifier!) au coeur de la ville.
Lézard (non-identifié)
Gecko (non identifié)
Et bien sûr, toujours le petit point culinaire! Aujourd'hui nous découvrons un fruit vraiment délicieux, à la chair sucrée et très juteuse: la mangusta, ou mangouste.
Mangusta (Garinia mangostana)
Mama Béatrice, notre cuisinière favorite avec Mama Sandrine

mercredi 11 mars 2015

Kinshasa (4)

Le délai maximum prévu pour l'obtention de nos visas est maintenant écoulé: toujours pas de passeports. Plus qu'un ou deux jours d'attente selon les personnes en charge des démarches au WWF. Mais inutile de se presser: le véhicule dédié à notre voyage vers le site d'étude en forêt (que l'on nomme ici "Malebo") n'est pas disponible avant lundi prochain... 

L'attente commence à se faire un peu longue car nos déplacements à partir de l'hôtel restent très limités sans véhicule. Cependant, nous bénéficions occasionnellement d'un conducteur du WWF pour nous aider dans nos préparations. Nous démarrons donc nos achats de nourriture et matériel à emmener au camp. Le WWF a pour habitude de s'approvisionner dans l'une des nombreuses épiceries de la ville, Suhani, qui fait bénéficier aux membres de l'association 5% de réduction. 

En entrant dans la boutique je me présente. "Bienvenue" me répond le commerçant. Je remercie son hospitalité avant que qu'il ne m'explique en rigolant que c'est ainsi qu'il se nomme. De nature très joviale, Bienvenue et ses collègues sont aux petits soins avec nous. On nous fait asseoir, on nous offre à boire, on nous aide à empaqueter et charger les provisions. 

Boîtes de conserves, féculents, produits ménagers, ... il nous faut prévoir assez de vivres pour au moins 2 mois. Le camp étant extrêmement isolé il nous sera ensuite difficile de nous réapprovisionner. 

Société Suhani, épicerie fréquemment visitée par le WWF 

Les conducteurs du WWF se chargent souvent de plusieurs courses à la fois. Nous en profitons donc pour découvrir de nouveaux coins de Kinshasa.


Tailleuses et couturières proposent la confection
sur mesure de T-shirts, robes et autres habits
Tricycle qu'utilisent de nombreux infirmes dans Kinshasa
Côté nourriture, nous continuons à découvrir de temps en temps de nouvelles saveurs. Ci-dessous des chenilles que l'on sert régulièrement dans les restaurants. Un peu gluant, mais appétissant !


Lors de nos trajets et régulières visites au bureau du WWF, nous rencontrons également différents employés de l'association: responsables des ressources humaines, chargé de projets, etc. Nous faisons par exemple la connaissance d'Augustine, qui gère plusieurs missions dans le Parc National des Virunga. Celui-ci représente le plus ancien parc du pays et même du continent Africain. Il tient sa réputation d'une faune et de paysages très riches: "Un Paradis sur Terre" nous décrit Augustine. Cependant, malgré le statut de protection maximal dont il bénéficie, un permis de forage pétrolier a récemment été concédé à une compagnie britannique. Augustine a travaillé étroitement avec les communautés locales pour obtenir la suspension de ce permis et se bat à présent pour l'arrêt définitif du projet. Elle évoque également le monopole des ressources minières par les Chinois, ce qui me rappelle un excellent reportage expliquant l'origine de nos gadgets électroniques (lien du reportage).

samedi 7 mars 2015

Kinshasa (3)

Déjà une semaine au Congo! 

Toujours en attente de visa, nous profitons d'un précieux temps libre avant notre départ en forêt. L'occasion par exemple de commencer à réfléchir à notre mission (voir la rubrique Présentation). J'attaque donc en potassant quelques articles sur l'écologie des bonobos et des éléphants, ainsi que de récents rapports de l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). 

Entre temps, nous continuons à prendre petit à petit nos marques. Au programme aujourd'hui: visite du jardin botanique et promenade près du fleuve Congo. Quelques kilomètres de marche à travers des quartiers beaucoup moins développés que ceux que nous avions vus jusqu'ici et nous voici arrivées. Le jardin, composé d'une centaine d'essences d'arbres, a bénéficié il y a quelques années d'une réhabilitation grâce à l'appui de la France, la Belgique et l'UICN. Nous découvrons donc plusieurs espèces arboricoles, locales et importées, tels que le baobab ou l'arbre à soie.

Jardin botanique de Kinshasa
Arbre à soie ou Mimosa de Constantinople (Albizia julibrissin)
Agama des colons (Agama agama)


Le midi nous rejoignons Alain, un camarade ayant suivi la même formation que moi (IEGB) que j'ai rencontré sur le vol Paris-Kinshasa. En vacances pour quelques jours, Alain nous propose très obligeamment de nous faire découvrir un peu sa ville natale. Il possède en effet un bien des plus précieux par ici: un véhicule! Après un savoureux repas, nous nous mettons en route vers le fleuve, en profitant du trajet pour capter quelques images.
De gauche à droite en haut: makemba (bananes plantain),
ndunda (légumes verts) et poisson, en bas: fufu et fumbwa
Bière Primus, brassée dans 4 pays d'Afrique centrale.


Stade des Martyrs
Nous apercevons rapidement le fleuve, puis sa rive opposée sur laquelle repose la capitale de l'autre Congo: Brazzaville. Alain nous explique que lorsque le niveau du fleuve est suffisamment bas, comme en ce moment, certains se risquent à le franchir à pied.

Un homme traverse un bras du fleuve Congo à pied
pour rejoindre la rive opposée (Brazzaville en arrière-plan)


Sur le chemin du retour, nous crevons. Miraculeusement, un réparateur se trouve justement quelques mètres plus loin. Un peu trop miraculeusement au goût d'Alain, qui remarque que cette coïncidence arrive régulièrement... J'en profite en tout cas pour filmer (avec autorisation!) un barbier en plein travail.





mercredi 4 mars 2015

Kinshasa (2)

Fin de journée: nous rentrons à l'hôtel les pieds poussiéreux, le crâne un peu douloureux, mais la tête remplie d'images. La capitale Congolaise n'est certes pas touristique, mais elle reste attractive de par son dynamisme. Nous appréhendons donc notre nouvel environnement en parcourant de longues ruelles, boulevards et avenues où circulent à longueur de journée vendeurs ambulants, familles, hommes d'affaires et autres passants.



Nous tombons parfois sur quelques spécificités locales. Le robot ci-dessous par exemple, inventé par des étudiantes Congolaises, est censé assurer la circulation des piétons et véhicules:

Robot régulateur de la circulation routière (video explicative)

Fresques murales représentant des okapis

La ville se compose de bâtiments plus ou moins modernes au niveau des grands boulevards, souvent en travaux, qui jouxtent des rues plus commerçantes et d'autres quartiers résidentiels plus ou moins précaires. Ci dessous quelques photos de l'axe principal du centre ville: le boulevard du 30 Juin.



Très discrète, la faune citadine tente tant bien que mal de trouver sa place au milieu de toute cette agitation.


Quatre jours écoulés depuis notre arrivée, et nous avons déjà notre restaurant favori: chez Mama Lili, où nous pouvons apprécier différents plats à un prix raisonnable. Ici du foufou, du fumbwa (légumes en sauce à base d'arachides) et du ndunob (légumes verts).



lundi 2 mars 2015

Kinshasa

En ce lundi de Mars, il fait bon vivre à Kinshasa où la température est retombée à 28°C, bien plus frais que les 36°C de la veille. J'ai à présent rencontré mes principaux collègues:
Olivia, la responsable du projet PICBOU (Projet Intégré de Conservation des Bonobos de l'Ouest).
Charles, qui finit prochainement son doctorat sur les bonobos et souhaiterait continuer l'aventure ici avec le WWF.
Kelly et Emma, les deux autres volontaires arrivées en même temps que moi à Kinshasa. Le WWF souhaiterait développer l'éco-tourisme dans la région, parallèlement aux activités de conservation et recherche. Dans cette optique, Kelly et Emma superviseront l'habituation des bonobos.
L'équipe du WWF qui siège dans les locaux de Kinshasa: responsables de différents projets, responsables logistique ainsi que l'équipe administrative.

locaux du WWF à Kinshasa

Véhicules du WWF
Toutes les nationalités sont réunies: Etats-Unis, Angleterre, Italie, France, Belgique et le Congo bien entendu, largement représenté dans les bureaux du WWF. Nous profitons de cette rencontre pour nous retrouver autour d'un bon repas composé de certains mets typiquement Congolais comme le foufou (pâte de farine de manioc) ou le pondu (feuilles de manioc pilées) accompagnés de riz et haricots.

Au détour du restaurant, un enfant joue au "milik":


Les présentations étant faites, les choses sérieuses peuvent commencer! Au programme cette semaine:
- Démarches administratives pour la prolongation de mon Visa
- Enregistrement au registre des français à l'étranger à l'Ambassade de France
- Achats du matériel et nourriture à emporter au camp

Kinshasa n'étant visiblement pas du tout touristique, la visite de la ville sera probablement très succincte. Les Mondele ("hommes blancs") sont très rares et je ne me risque que très peu à sortir mon appareil photo dans la rue. L'assurance viendra peut être avec le temps et avec la maîtrise progressive du Lingala? En attendant, j'apprécie le temps qui passe en savourant différents fruits frais:

Bananes, fruits de la passion, tomates, avocat et safous